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Un prêtre aristocrate de l’empire guerrier soarte, briguant les plus hautes fonctions, commet un crime impardonnable. Il utilise sa magie pour venger sa sœur. La loi de son peuple est catégorique, elle le désigne comme un pécheur perdu à la cause. Pourtant, son cœur lui susurre le contraire. Il décide de laver sa faute dans le désert et part seul convertir de vieilles tribus, quitte à mourir en martyr.

Mais, loin de tout, très vite sa foi semble bâtie sur du sable... D’où lui viennent ses idées sur les anciennes croyances ? Il se sent épié ! Dans le désert immobile, quelque chose... ondule sous les dunes.

    

Aurélie Genêt

               

La Déesse des sables

                 

Illustrateur : Coralie Ruiz

Date de parution : juillet 2014

ISBN : 979-1-09-255722-0

Prix : 0.99€

Nombre de pages : 48

Edition : E-book

Extrait

                 

Lorsque le prêtre Etei sortit de la fraîcheur du temple où il passait la plus grande partie de ses journées, la chaleur l’assaillit si brutalement, qu’il s’en sentit presque mal. Ce n’était pourtant pas faute d’habitude. Si pendant la nuit un froid sec régnait, de jour la ville était toujours une vraie fournaise. Après la douce semi-obscurité qu’il quittait, il dut plisser les yeux pour affronter l’éblouissement. Asmuldors, aussi blanche que toutes les autres cités de l’Empire Soarte, renvoyait la lumière du soleil à la façon d’un gigantesque miroir de marbre poli. Avec ses hautes tours graciles s’élevant vers le ciel telle une forêt de pierre, elle en imposait, de loin, quand on la voyait surgir dans les sables du désert. Mais pour l’heure, tant de clarté s’avérait insoutenable. Dans l’air brûlant, les murs vibraient, se distordaient comme un mirage, si bien qu’Etei avait l’impression que, s’il essayait de les toucher, sa main ne rencontrerait que le vide.

 

Pourtant, bien qu’il les détestât, ce n’étaient ni la chaleur ni la lumière qui le dérangeaient le plus. Il s’avança d’une dizaine de pas, abandonnant l’ombre protectrice de l’arche d’entrée du temple. Seul le silence l’accueillit. Nul père de famille ne vaquait à ses occupations en glissant le long des parois de marbre pour éviter l’assaut direct de l’astre solaire, nulle femme affairée ne ralentissait un instant sa course pour échanger quelques mots avec une voisine, nul enfant ne jouait dans les rues ensoleillées au mépris de sa santé. Le silence… Asmuldors ressemblait à une ville morte. D’habitude, la population nombreuse animait la cité blanche, mais tous étaient partis, emmenant même les plus jeunes, comme toujours lors des grandes campagnes guerrières.

 

Le prêtre longea les interminables avenues droites qui quadrillaient la ville et constata que, déjà, le désert proche cherchait à engloutir ce symbole de l’audace humaine. Il avait suffi de quelques jours moins vivants et le sol pavé disparaissait sous une fine couche de sable blond.

 

Cependant, la cité, la seconde plus importante de l’Empire, n’était pas totalement vide. Bien qu’Etei ne croisât que des chats, quelques chiens errants ou parfois un âne qui levait sa tête lourde à son passage, il savait que certaines catégories d’habitants demeuraient sur place : les maîtres de ferme qui dirigeaient les nombreux esclaves voués aux travaux de force ou agricoles, les boutiquiers et les financiers qui accueillaient les caravanes marchandes et géraient les échanges commerciaux, tout un monde discret peu prompt à affronter la rudesse du jour et qui préférait rester caché dans la fraîcheur des maisons.

 

Un vent ardent surgit, souleva des tourbillons roux qui giflèrent le marcheur. La poussière se collait à sa peau, à ses cheveux noirs, à ses sandales souples, à sa tunique courte dont la teinte bleue indiquait son rang de prêtre. Il pesta à voix basse contre le souffle brûlant qui le transformait en bonhomme de sable.

 

 

 

 

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